28 septembre 2020

La Chronique de Charles, Tenue républicaine

J'ai passé la majeure partie de ma scolarité du secondaire en blouse grise. Le Règlement Intérieur le précisait bien, blouse grise pour les garçons, blouse bleu ciel pour les filles, mais des filles, il n'y en avait pas (ce n'était pas mixte au départ, les filles sont arrivées plus tard, en seconde précisément, cette irruption a beaucoup nui à ma déjà modeste puissance de travail et à mon niveau de concentration, il faut dire qu'on n'avait alors pas l'habitude de la mixité, et un tel bouleversement des mœurs en pleine puberté boutonneuse avait de quoi perturber mes fonctions endocrines les plus primaires). Il faut dire que ce RI était probablement un vieux texte poussiéreux, retranscrit sans réfléchir au travers des générations, comme il en existe dans toutes les institutions un peu âgées quand elles n'en font pas sérieusement le ménage (si vous ne me croyez pas, relisez les statuts et le RI de votre association, vous vous ferez à coup sûr des remarques du même ordre). Il y était précisé que les élèves se devaient de faire honneur à la réputation du Collège en toutes circonstances, d'avoir une tenue et un comportement corrects dans et aux alentours de l'établissement, ne pas fumer également aux alentours (pas besoin d'interdire de fumer à l'intérieur, sacrilège, on n'aurait même pas pensé à le faire. C'est beaucoup plus tard que ç'a été autorisé pour les plus grands [c'était une erreur, on en est revenu depuis]). Ce texte obsolète devenu inapplicable n'était donc plus appliqué, et c'est uniquement par esprit de fronde adolescente que j'ai porté la blouse grise, pratiquement seul, pour me démarquer comme on le fait souvent à cet âge-là.

27 septembre 2020

Le billet de Charles : Ma première «vraie vache», ou deux vaches le même jour.

 Ma première vraie vache remonte à quelques années maintenant. J’étais tout frais lâché campagne depuis avril. C’était avant que des exigences réglementaires, à mon avis excessives, transforment l’acquisition de cette qualification en prouesse olympique. Mon enthousiasme de néophyte mal rassasié, et les conditions météo me laissaient entrevoir la possibilité d’accumuler facilement les kilomètres. Encore innocent en vol à voile, audacieux mais pas téméraire, j’avais décidé de ne m’autoriser que la vache «aéro»[1], quoique les terrains voisins ne me fussent pas tous parfaitement connus.

Portrait d'un passionné de vol à voile